CHAMBRE D’ECOUTE nils petter molvaer

CDMOLVAERComme les livres, les disques jazz font dorénavant leur rentrée. Le cartable déborde de nouveautés et il va falloir faire des choix les enfants… Longtemps repoussé, reporté, décalé, le « Hamada » (Emarcy/Universal Jazz) de Nils Petter Molvaer débarque enfin en ce mois de septembre qui lui va si bien au teint. Et cette nouvelle galette a tout d’une grande. Passé de mode le trompettiste norvégien porté aux nues il y a plus de dix ans à la sortie de « Khmer »? Que nenni. Après quelques albums de transition, ce nouvel opus fait passer de l’autre côté du miroir d’Alice. Des mélodies et des ambiances des merveilles comme celles d’Icy Altitude ou de Soft Moon Shine, on n’en écoute pas à tous les coins de fjord. Ce que « Khmer », chef-d’oeuvre originel, avait de brut de décoffrage, « Hamada » le transforme en force tranquille. Serein, minimaliste, planant, trois adjectifs qui lui vont comme le rouge aux lèvres de Scarlett Johansson. Seules quelques pièces que ne renierait pas Godspeed You Black Emperor prennent la voie d’une brutalité tour à tour jungle (Friction) ou métal (Cruel Altitude). Le mentor a-t-il été piqué au vif à l’écoute de l’élève Henriksen (dont le carnet de notes de « Cartography » cumulait les 10 sur 10) ? En tout cas, NPM n’a jamais été aussi « silencieux » et parcimonieux que sur ces dix pièces parfaites portées par un trio (+1) de haut vol: le fidèle guitariste Eivind Aarset, le génial batteur Audun Kleive. et le prince des boucles et autres traitements sonores (et directeur du Punkt Festival), Jan Bang. Que peut donner cette nouvelle peau du lézard Molvaer sur scène? Réponse demain à Jazz à la Villette.

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