INSTANT NORVEGIEN épisode 2

Pour ce deuxième épisode, on passe tout de suite aux choses sérieuses, le niveau monte d’un cran et les gouttelettes de sueur causées par une surchauffe intellectuelle commencent à se faire voir: de Dieu à Hannah Montana, un grand écart digne d’un Bruce Lee des grands jours.

NB: Dans cette interview se cachent deux « ??? » cliquables. Les premiers qui donneront la bonne réponse en commentaires gagneront une photo dédicacée de toute l’équipe comme à la grande époque du Club Dorothée.

Votre musique est très solennelle, intense. Y a-t-il un aspect spirituel ?

Je ne suis pas quelqu’un de religieux, je suis même plutôt athée. Certains disent que l’homme est la pire chose que Dieu ait créée, je pense que Dieu est la pire chose que l’homme ait créée (rires)… parce que ça crée tant de souffrances… Mais si on parle de la spiritualité pour évoquer notre for intérieur, bien sûr que c’est important, mais cela n’a pas de résonance religieuse pour moi. Pour moi, il s’agit plutôt d’aller au fond de soi-même et d’essayer d’exprimer quelque chose de réel, de profond, sans forcer. Se dire “oh, je vais vraiment avoir quelque chose à exprimer maintenant”, ça ne marche pas. Il faut juste ouvrir son esprit, être ce que l’on est.

Spécialement dans ce disque (« Hamada »), on a l’impression que la mélodie est pourvoyeuse d’émotions chez vous…

Oui, c’est même la seule chose intéressante. Que les choses soient émouvantes, qu’elles me remuent, c’est ce que je recherche.

Pareil pour la musique que vous écoutez chez vous…

Là c’est plus Hannah Montana (rires) à cause de mes filles! Je connais les paroles de toutes ses chansons! Dernièrement, j’ai écouté pas mal d’electro comme Carl Craig ou ????? Je crois qu’ils remixent les Impressionnistes français comme Ravel… mais je ne suis pas sûr! En tout cas, le résultat vaut le détour. L’autre jour dans le bus, j’écoutais ?????. Et puis, depuis que j’ai rencontré mon nouveau guitariste, Stian Westerhus, je me suis mis à écouter du Slayer. Je me suis aussi pas mal intéressé aux percussionnistes arabes afin d’étudier leurs différents schémas rythmiques. J’ai aussi fait pas mal de musique de films dernièrement donc je me suis plongé dans les bandes originales pour comprendre comment les compositeurs envisagaient une scène.

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Vous êtes fidèle aux mêmes musiciens depuis des années, est-ce que vous ne perdez pas un peu de fraîcheur avec ces relations à long terme ? Ou au contraire c’est une grande chance ?

Les deux… Ce qui est sûr, c’est que je connais ce que fait Eivind (Aarset), mais quelquefois il fait quelque chose de nouveau. Mais c’est par petites touches, comme un effet inédit sur sa guitare qui me surprend. Pour cette tournée, je vais jouer avec le guitariste dont je vous parlais à l’instant. Et il est très différent d’Eivind. Il baigne davantage dans l’univers du noise, du black metal. C’est un merveilleux musicien, il a un sens de la pulsation bien à lui, et c’est extrêmement rafraîchissant pour moi. Après tant d’années de collaboration avec Eivind, il n’y a bien sûr rien de totalement inédit entre nous. Mais notre manière d’utiliser notre expérience commune peut faire naître des émotions incroyables. Tu commences à jouer et tu sens tout de suite que ça va être bon, tu sens une liberté indicible. C’est comme dans une conversation, si tu sens que le courant passe avec quelqu’un, tu sais que, quoi que tu dises, ça va être passionnant… en fait c’est comme l’amour! (rires)

Finalement, n’est-on pas plus influencé par ses contemporains que par les grands noms de l’histoire du jazz?

C’est vrai… Je me souviens d’un concert solo de Sidsel Endresen, cette voix toute seule… Comment elle m’a influencé, je n’en sais rien. Elle m’a juste touché et donc m’a nécessairement influencé.

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