CHAMBRE D’ECOUTE isabelle olivier

CDOLIVIERCe disque n’a qu’un seul défaut: sa pochette, qui cherche à nous rouler en faisant croire que derrière « My Foolish Harp » (Enja/Harmonia Mundi) se cache un album propret et bon enfant avec la raie sur le côté. Que nenni, bien plus polisson, le nouvel opus de la harpiste Isabelle Olivier est tour à tour bouleversant, perturbant, retournant, inquiétant, émouvant, enfin beaucoup d’adjectifs en -ant pas très marrants mais drôlement stimulants. Passer en boucle les deux premiers morceaux du disque, du gracieux Tokyo Bossa au boitillant Pêle-Mêle, c’est comme passer d’Esmeralda à Quasimodo en un clin de tympan, pas besoin de s’ingurgiter les 600 pages du père Hugo. Dans « My Foolish Harp », l’instrument des Muses sort de ses gonds et se confronte à d’illustres invités comme Peter Erskine ou Louis Sclavis. Prix spécial du Criss Cross Jury décerné à Youn Sun Nah dont la voix et les susurrements rappellent  Björk et nous font oublier Lara Fabian. La classe.

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