Un bruit court. La Cité de la Musique organiserait du 16 octobre 2009 au 17 janvier 2010 une exposition consacrée à un certain Miles Davis, trompettiste de métier au siècle dernier. Bizarre, bizarre, vous avez dit bizarre? Criss de bois, Cross de fer, nous avons mené l’enquête.
Selon nos premières investigations, ce Monsieur Davis a marqué le jazz de son empreinte. Alors, dès que nous avons commencé à entendre parler de lui, nous avons ni une, ni deux demandé au jazz lui-même ce qu’il en pensait. Dans son « Autobiographie du jazz », Jacques Réda nous donne quelques indices.
« On a le sentiment que Miles Davis l’a toujours pris d’un peu haut le jazz, l’air de dire: « Je vous fais la grâce d’accepter que vous m’ayez choisi ». Il a retourné en sa faveur la situation habituelle: tous ces types trop heureux de trouver un emploi et qui se démènent ensuite pour montrer qu’ils en étaient dignes, même mal payés de leurs efforts. Il est très conscient de ses mérites, qui sont infus, et ce n’est pas lui qui va les galvauder pour devenir un sous-fifre de Gillespie ou aller au charbon pour y crever comme Fats Navarro. »
Mais selon Jacques Réda, l’histoire entre Miles et le jazz s’est mal terminée… « Ainsi, vers 1968, après avoir appelé puis toléré pendant cinq ans près de lui, avec des rythmiciens aussi doués que le contrebassiste Ron Carter et le batteur Tony Williams, un profond et persévérant amoureux de la morosité (le saxophoniste-ténor Wayne Shorter (…)), Miles Davis a-t-il à son tour donné définitivement congé au jazz pour se vouer jalousement à lui-même – ce que sous la caution peu contrariante du jazz il avait en somme toujours fait. »
Cette enquête préliminaire nous laisse sur notre faim. Et nous vous tiendrons très vite au courant de l’avancée de nos recherches. D’autant que, parallèlement à cette exposition intrigante, aura lieu toute une série de concerts en hommage à ce dénommé Miles…
Le 27 octobre: le Jimmy Cobb’s So What Band célèbre « Kind of Blue »
Le 28 octobre: le Joe Lovano Nonet célèbre « Birth of the Cool »
Le 30 octobre: Electric Barbarian célèbre « Bitches Brew »
Le 31 octobre: Jack DeJohnette célèbre « A Tribute to Jack Johnson » (ciné-concert)
Le 2 novembre: un étonnant « Miles from India » avec le passionnant Rudresh Mahanthappa


