La solidarité entre Manfred(s), ça a du bon. Merci donc à M. Eicher le boss d’ECM d’avoir été chercher dans les placards de sa mémoire M. Schoof, trompettiste méconnu et ô combien précieux. Merci d’avoir réédité et compilé ces trois disques introuvables pour les rappeler à notre bon souvenir. Merci de nous redonner à voir dans le livret des moustaches généreuses comme on n’en fait plus, des lunettes de soleil que même les gars de Chips n’oseraient pas porter, des vestes à moumoutes côtelées, des pantalons qui font passer les slims pour des baggys XXL. Merci surtout pour ce double disque aux ambiances à tomber par terre (Ostinato, quelle claque !), aux atmosphères coltraniennes (Scales), aux envolées spatiales (après Weep and Cry, Supersilent va pleurer), aux musiciens dont la liberté n’a que d’égal l’amour des mélodies aussi bien troussées que leurs futales. Bref, dorénavant quand un disque nous impressionnera, on ne dira plus « schtroumpf moi ça », mais bel et bien « Schoof moi ça ». On ne garde souvent de la musique allemande de cette époque que le krautrock de Kraftwerk et Can. Grâce à ce “Resonance” (ECM/Universal Jazz) magistral, on se souviendra maintenant que nos voisins teutons savaient aussi produire un jazz atmosphérique plantureux.


