REVUE DE PRESSE madlib

Il vient de publier le volume d’automne de son Last Electro-Acoustic Space Jazz & Percussion Ensemble. Grand ponte de la production hip-hop (J Dilla, De La Soul, Mos Def), Madlib est aussi un fan de jazz comme il l’a encore récemment confié à Wire. Extraits.

MADLIBP1C’est une rencontre rare qu’a faite la journaliste Lisa Blanning car Madlib n’avait pas donné d’interview depuis 2006. En plus, le garçon n’est pas facile à coincer puisqu’il ne possède pas de mail. « Il faut me regarder dans les yeux » affirme le rappeur-producteur, « c’est pour ça que les gens commencent à s’engueuler, on est toujours plus intrépide à l’écrit » poursuit-il. Et pour couronner le tout et tordre le cou aux clichés, l’Américain ne possède pas non plus d’ordinateur. « Je n’utilise jamais d’ordinateur. C’est trop facile. Ce n’est pas chose aisée de sonner comme J Dilla, mais vous pouvez créer des beats à la Dilla avec votre ordinateur. C’est pour ça que tout le monde sonne comme lui. »

MADLIBP2Fils du musicien et chanteur Otis Senior et neveu du trompettiste Jon Faddis, Madlib ne cache pas son amour pour le jazz, pire il le revendique haut et fort. « J’ai connu le jazz avant de connaître le hip-hop » précise-t-il. D’ailleurs Wire rappelle que c’est entre deux albums de Quasimoto qu’il a lancé son projet Yesterdays New Quintet, groupe jazz fictif où le garçon tenait tous les rôles. « Une grande partie de ma famille prenait des cours de musique, mais j’ai toujours voulu faire les choses un peu différemment. Je ne voulais pas sonner comme tout le monde et je suis toujours en phase d’apprentissage » ajoute-t-il. L’originalité de ce Yesterdays New Quintet est d’avoir engendré une pléaïde de disques enfantés par les sidemen virtuels du groupe dont le récent Last Electro-Acoustic Space Jazz & Percussion Ensemble est le dernier avatar.

MADLIBP3Pourtant ce YNQ rend dorénavant Madlib un peu mal à l’aise: « Je ne peux même plus écouter Yesterdays New Quintet. (…) J’essaye de faire quelque chose de différent maintenant, mon cerveau est ailleurs. J’ai écouté trop de musique depuis. » Ainsi, cela ne nous étonnera point, Madlib regarde toujours de l’avant, mais en ayant toujours un oeil attentif sur le jazz comme en témoigne ses splendides remixes Blue Note sortis en 2003, « Shades Of Blue » . Sa manière toute singulière de rendre hommage aux musiciens de sa vie: Wayne Shorter, Horace, Silver, Andrew Hill et consorts. Sa manière de rappeler que l’esprit de chapelle ne fait absolument pas partie de ses principes cardinaux: « Vous trouverez toujours quelque chose de bon dans chaque genre de musique. (…) J’essaye de toucher à tous les types de musique, de me lier à tout le monde,  Les Esquimos… tout le monde quoi, vous voyez ce que je veux dire? Je sais que la musique peut rassembler les gens, même les extra-terrestres, on pourrait même se réunir avec eux sur de la musique. »

La suite comme d’habitude, dans le numéro 306 de Wire avec en cadeau-bonus un passionnant panorama du jazz britannique.

cover306

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