EN DIRECT LIVE diagonal jean-christophe cholet

A Vendôme, lors de la présentation en « région » de la sixième saison des Grands Formats, Diagonal nous a tapé dans l’oeil, ou plutôt dans l’oreille. Leur programme « French Touch », où Frou-Frou tutoie effrontément Fauré, dépote sévère. Récit en images et rencontre avec le maître-fou de l’ensemble, Jean-Christophe Cholet.

DIAGO2Arnaud Boukhitine et Patrice Bailly en plein effort, soit 1/5 de Diagonal.

DIAGO3L’insaisissable Romain Dugelay

DIAGO4David Venitucci, toujours en grande forme comme sur le dernier disque d’Isabelle Olivier. Au fond, Nicolas Mahieux.

DIAGO5Tantôt à 10, tantôt à 2, 3 ou 4, Diagonal aime varier les plaisirs au cours d’un même concert.

DIAGO1Diagonal (quasiment) au grand complet avec un Christophe Lavergne (batterie) des grands soirs.

Chafouine, bourrée de clins d’oeil, malicieuse, la musique de Diagonal placée sous le signe de “la” variété (et non “des” variétés), nous a donné envie de poser trois questions à son papa, le pianiste Jean-Christophe Cholet.

Vous êtes un spécialiste du trio, comment en êtes-vous venu à composer pour des grands ensembles?
En 90, j’étais dans un orchestre de 10 musiciens (l’ODJY, Orchestre Départemental de Jazz de l’Yonne) où j’étais simplement pianiste.
Sur le modèle de l’ONJ, ils ont voulu changer les chefs tous les deux, trois ans. A cette époque là, bien que j’avais fait mes études de contrepoint-fugue au Conservatoire à Paris ,j’avais jamais écrit pour un grand format. Et j’ai monté un dossier et comme j’étais le seul à le faire dans la région, j’ai été pris! Je me suis retrouvé au pied du mur, à être obligé d’écrire pour huit musiciens. C’était en 92. L’année suivante, j’ai eu le premier prix de compositions à La Défense: je me suis dit “finalement, ça a l’air de fonctionner cette histoire”! Deux ans après, j’ai bossé avec Mathias Rüegg du Vienna Art Orchestra. De fil en aiguille, j’ai aujourd’hui 250 œuvres déclarées à la SACEM dont la plupart durent 30 à 40 minutes, avec des choses pour mes propres orchestres mais aussi beaucoup de commandes. Je suis devenu malgré moi quasi autodidacte, car la seule chose que j’avais en poche c’était des éléments de contrepoints classiques qui sont bien loin de ce qu’on a pu écouter ce soir.

Diagonal est un big band très moderne, quels sont vos influences?
Je les connais très bien, elles ont été presque “diagnostiqués”! Gil Evans, Mathias Rüegg (j’ai tous ses disques et l’on a beaucoup bossé ensemble) et évidemment Duke Ellington, une musique que je connais non pour l’avoir pratiquée, mais pour l’avoir beaucoup écoutée et analysée. Et puis des gens plus modernistes comme Vince Mendoza et Django Bates évidemment. Mais je me suis toujours obligé de ne surtout pas les copier. En tant que pianiste j’ai exactement le même raisonnement: je ne cherche pas à être original non plus car je n’aime pas ce mot. Je prends toujours comme exemple les Tableaux d’une exposition de Moussorgsky où c’est vraiment très tranché de pièce en pièce.

Vous allez ouvrir D’Jazz à Nevers le 6 novembre prochain avec un projet autour de Novalis, pouvez-vous nous en parler?
Ça faisait des années que Pierre Cao qui s’occupe du choeur Arsys Bourgogne voulait que nous travaillions ensemble. Je lui ai proposé de monter quelque chose avec mon trio et son chœur. Mais je voulais un électron libre qui fait le lien entre les deux et j’ai pensé à Elise Caron. Mais je n’ai pas décidé des textes, je ne le chante pas le sujet, je peux juste l’orchestrer. J’ai donné carte blanche à Elise et on est parti sur le thème de la nuit. Et il n’y a pas que Novalis, il y a aussi Rilke. Ce n’est pas la première fois que je travaille sur des textes, je l’avais déjà fait avec Lorca ou Neruda. Ce sont juste des détonateurs, des prétextes. De toute façon, je ne suis pas littéraire: je vois des mots et j’en donne mon interprétation. Au même titre que quand je fais un arrangement (ou plutôt comme j’aime bien dire un dérangement) de Frou Frou, je vois ce thème très rigolo, et je vais prendre quelques notes et les distordre. Il n’y a aucun “délire intellectuel” dans ce projet, c’est plus de l’instantané.

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