CHAMBRE D’ECOUTE julien lourau

CDLOURAUL’oeil impitoyable du In&Out avait égratigné son port de chemise il y a quelques semaines lors de son passage à La Cigale. Mais, là, il s’agit de musique et c’est une toute autre paire de manches. Etrangement passé inaperçu lors de sa sortie, ce « Quartet Saïgon » (Naïve) est pourtant formidablement endimanché. Après moult expériences électro, Julien Lourau revient vers des compositions délicieusement fifties en compagnie d’un quartette en état de grâce (mention spéciale à Laurent Coq, véritable roseau pensant du piano et co-meneur du projet). Le Quartet Saïgon tisse les mélodies comme Spiderman les toiles, avec la spontanéité magnifique de l’adolescent qui découvre ses pouvoirs. Pourtant Julien Lourau est loin d’être un adolescent et les formidables pièges à tympans que sont Diaspora ou Walking on The Water révèlent un compositeur au sommet de son art. Le saxophoniste avait Wayne Shorter en tête lors de la genèse de ce projet. Le maître peut être fier de l’élève.

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