EN DIRECT LIVE steve coleman caen

Steve Coleman en France, on ne pouvait louper ça. Loin du bruit et de la fureur du New Morning parisien, Criss Cross a pris la poudre d’escampette direction Caen et la Normandie chère à Marcel Proust. Quoi de plus normal de partir à la quête du Roi du rythme sur les terres de l’auteur d’A la Recherche du Temps Perdu?

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Une fois fait le plein de la Fiat Punto semi-décapotable volant simili-cuir, on réécoute en boucle « On the Rising of 64 Paths » un oeil sur Monsieur GPS, grand connaisseur de la Normandie. Les mains sont moites, le coeur bat vite: si tout se passe bien, Steve Coleman nous accordera une interview…

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Pause café à Trouville où même les tags sont littéraires.

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Arrivé à Caen, Steve tient sa promesse. Fidèle à sa réputation, le saxophoniste fait le musicien bourru, mais se déride au fil de l’entretien. Interview in extenso à lire très vite sur Criss Cross.

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Le grand Auditorium de Caen affiche quasi complet pour accueillir Steve Coleman et ses Five Elements. Le public crépite d’impatience et c’est dans un silence de cathédrale que le groupe arrive. Des chants, des claves, une installation en forme de ronde: Jen Shyu, Steve Coleman et Jonathan Finlayson commencent sur la pointe des pieds.

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Jen Shyu intense et émouvante, la chanteuse a éclaboussé le concert de son charisme. Dans un rôle difficile (une voix contre trois cuivres, une contrebasse et une batterie), la jeune femme a délivré une partition ébouriffante.

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Fidèle à Steve Coleman depuis des années, Jonathan Finlayson entretient une relation privilégiée avec le saxophoniste en chef. La preuve, pendant tout le show, les deux musiciens ne cesseront de chuchoter, papoter, bavarder…

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Il chante, dirige, solote, sourit, vanne: Steve Coleman était, malgré un rhume tenace, en grande forme. En fin de concert il confiera au public avoir beaucoup expérimenté lors du concert. Une première salve ininterrompue d’une heure et quart puis deux autres pièces marquées par les rythmes sud-américains, Steve et ses Five Elements semblent s’être dépensés sans compter. Les oreilles ne savaient plus où donner de la tête tant les rythmes complexes s’enchaînaient sans coup férir. Coup de chapeau à Marcus Gilmore, jeune batteur incroyable, que Steve récompensait souvent en sourires.

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En rappel, après de nombreux appels du pied et des mains du public, Steve Coleman laisse Thomas Morgan (incroyable contrebassiste, ultra timide à la ville, ultra virevoltant à la scène) et Tim Albright (tromboniste inspiré absent de la photo) improviser. « Ce sont les deux plus lents pour ranger leurs affaires et les deux blancs becs » dira Steve en rigolant.

Merci à Franck Féret, Stéphanie Viet et Chloé Larouchi d’avoir rendu ce road-trip possible.

Prochain rencard jazz au Grand Auditorium de Caen, le mardi 26 janvier avec le trio du saxophoniste Evan Parker. On en salive d’avance.

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