CHAMBRE D’ECOUTE david sylvian

CDSYLVIANDes jours et des heures à dormir sur une seule oreille dans l’attente d’un colis. Criss Cross aurait aimé jeter plus tôt sur le papier ses impressions sur ce nouvel opus de David Sylvian. Amazon et la Poste en ont décidé autrement. Never mind dirait Kurt Cobain, mieux vaut tard que jamais. D’autant qu’une fois écouté, « Manafon » fait tout oublier. Disque d’une beauté vénéneuse à couper le souffle et/ou les veines, « Manafon » (Samadhisound) plonge l’auditeur dans une langueur monotone bouleversante. A côté de David Sylvian, Leonard Cohen passerait pour un parrain de la fête de la bière à 4h du matin. C’est justement cette aridité qui rend « Manafon » si intense. Malgré les nombreux invités « free », Sylvian laisse sa voix prendre les devants. A la limite du prêche poétique, elle débite en quasi spoken words ses vers comme dans un monologue intérieur, Otomo Yoshihide ou Evan Parker ne travaillant qu’en sous-main, au second (voire au troisième) plan, géniales fourmis d’ambiance dévouées à la reine voix. Un des disques les plus osés du chanteur quasiment a cappella. Ou quand la solitude atteint le sublime: « sometimes you’re only a passenger in the time of your life ». Fascinant.

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