C’était hier son seul et unique concert en France pour l’année 2009. Il sera à coup sûr l’un des musiciens marquants de l’année après la sortie de son disque solo chez ECM « Cartography » et d’un nouvel opus de son groupe phare Supersilent. Arve Henriksen était au Duc des Lombards exceptionnellement ouvert le dimanche pour l’accueillir. Un voyage musical dont on ne revient pas…

Il devait venir avec Jan Bang, l’un des grands maîtres d’oeuvre de son génial « Cartography ». Finalement, il est venu avec Helge Stein, producteur et bidouilleur de folie chez Supersilent.

Malgré les nuisances sonores des serveurs du Duc des Lombards, Arve Henriksen est parvenu à plonger le public dans une atmosphère unique. Comme une impression de toucher les paysages de la Norvège du bout des doigts.

Perturbé lors du premier set par la configuration « particulière » du Duc, Arve décida de s’en servir comme d’un avantage lors du second. Comme en témoigne sa « Counting Song in Paris » où il improvisa sur les cliquetis de verre, les sonneries d’ambulance et invita le public à créer/compter avec lui.

En début de show, Jean-Michel Proust, le programmateur du Duc des Lombards, ne savait pas trop comment le présenter. Il se contenta de dire qu’il « actionnait » des machines. Bien plus que cela Helge Sten, offrait un parterre sonore sans pareil pour permettre à son compère trompettiste d’improviser sans frontières.

Arve avouera n’avoir fait qu’improviser lors de ce concert mené trompette battant. Jouant avec le silence, n’abusant point des effets, le trompettiste atmosphérique s’est révélé être un chanteur fascinant maniant l’art du falsetto avec grâce.

L’arsenal de machines d’Helge Sten. Manque à l’appel sa guitare éthérée.

Après avoir offert l’un des meilleurs disques de 2009, le trompettiste norvégien a délivré l’un des plus vibrants concerts d’une année riche en succès. Il s’en expliquera bientôt dans Criss Cross…


