“Revolution 9” auraient dit les Beatles de ce nouvel opus de Supersilent. Car avant d’aborder le tome 9 de leurs aventures expérimentales au pays de l’électronique, le combo norvégien a dû affronter un mini-tempête. Exit le batteur Jarle Vespestad resté aux côtés du pianiste Tord Gustavsen. Une fois en studio arrivée, la fourmi mutant Supersilent se retrouva donc fort dépourvue. Au lieu de se lamenter sur son sort, elle a choisi dans rentrer dans le lard sonore: Helge Stein, Arve Henriksen et Ståle Storløkken ont mis leurs instruments respectifs de côté pour se lancer dans une sérénade à trois orgues Hammond. Encore plus lugubre, étrange, asphyxiant, leur musique n’en ressort que plus intense. Jamais elle n’est apparue aussi voisine de la musique classique la plus contemporaine et osée, tendance Lygeti. A côté de ce “9” (Rune Grammofon), le Lost Highway de David Lynch passerait presque pour La Mélodie du Bonheur revisité par Benoît Poelevoorde. Une expérience auditive renversante comme une claque derrière la nuque au moment où l’on s’y attend le moins.


