CHAMBRE D’ECOUTE pat metheny

CD_METHENYA la manière d’un Charlie Chaplin dans Les Temps Modernes, Pat Metheny nous rejoue avec « Orchestrion » (Nonesuch/Warner), le coup de l’homme seul face à la machine. Mais au lieu de mettre en avant le côté désespéré de ce combat, le rire qui naît du placage du mécanique sur l’organique (spéciale dédicace à Bergson), le guitariste échevelé choisit d’en exacerber le côté émouvant. Cet orchestre mécanique aurait pu ressembler à un orgue de Barbarie éreintée pour reprendre l’expression de Baudelaire pour parler du mariage version ratée. Mais non, le nouveau projet fou de l’Américain délivre des instants d’émotion rares. Ce crescendo imparable résolu en beauté après douze minutes de recherches sur le morceau titre du disque, quelle claque. Seul comme les pierres, Metheny retrouve une nouvelle jeunesse et l’album réserve moult surprises, beautés cachées, trésors discrets. Le grand cru qu’on n’attendait plus : un recueil surprenant dans lequel le gratteur fou se sert (enfin) de son talent inouï pour accoucher de mélodies prodigieuses au détriment (fort heureusement) de tricotages inutiles auxquels il nous avait parfois habitué. Une gageure qui fera date, parole de Criss Cross.

Pour les curieux, un aperçu de cette machine infernalement efficace qu’est l’orchestrion.

Et pour les bilingues (ils se reconnaîtront), le Monsieur s’en explique ici.

  • Share/Bookmark

Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un rétrolien depuis votre site.

Laisser un commentaire