Il fut l’un des grands gagnants des premiers Criss Cross d’Or (meilleur disque, meilleur trompettiste, meilleur concert du dimanche pour ceux qui auraient raté les précédents épisodes). Du coup, on voulu revenir avec lui sur cette année 2009 qui lui a si bien réussi. Les confidences d’Arve Henriksen, c’est ici !
SUPERSILENT
Le dernier Supersilent était très surprenant, pouvez-vous nous en dire plus sur sa genèse?
Après le départ de Jarle [Vespestad, le batteur], nous avons pris la décision de continuer Supersilent. Nous chérissions chacun d’entre nous ce groupe. C’est un lieu formidable de recherche et d’exploration de nouveaux territoires musicaux. C’est après le départ de Jarle que nous avons décidé d’entrer en studio pour enregistrer plein de sortes de choses que nous avions en tête, sans nous fixer aucune limite. L’une de ces idées, c’était de graver une session à l’orgue Hammond. Ainsi, nous avons tous les trois manipulés des orgues Hammond…
Avec le départ de Jarle, vous avez décidé de laisser vos instruments de côté?
Non, à l’avenir nous continuerons de jouer avec nos instruments habituels, cette « Organ Session » était juste une expérience! L’Hammond est un instrument fantastique, très… organique (rires). Et c’était pour nous une nouvelle manière de travailler en trio.
Vous aviez des influences en tête pour enregistrer cet album? On pense beaucoup à la musique classique contemporaine en l’écoutant, comme celle de Ligeti…
Nous sommes influencés par plein de musiques différentes; Ligeti, c’est vrai, mais aussi la musique classique en général. Je peux comprendre que vous pensiez à ce genre de musique, mais je n’avais rien de particulier en tête en composant cet album. Nous aimions simplement le son de l’orgue Hammond et nous sommes laissés guider par ces circonstances.
Quel futur pour Supersilent?
On continuera comme on a toujours fait: jouer, enregistrer et tourner. En février, nous allons jouer à Bergen (Norvège), Mannheim, Cologne, Oslo et Riga. En mars, nous allons tourner avec Motorpsycho. Et puis heureusement, on va aussi faire quelques festivals cet été!
Vous nous aviez confié que vous aviez beaucoup d’enregistrements en boîte…
Oui, il y a des choses à sortir cette année sur Rune Grammofon. Tenez-vous sur vos gardes!
Quels effets utilisez-vous en concert?
Ces derniers temps, j’ai commencé à utiliser Abelton Live sur mon laptop, mais aussi des loops, des delays…
A Paris, on vous a vu avec un effet à votre ceinture, qu’est-ce que c’était?
C’était un petit Kaoss Pad pour contrôler des boucles.
Vous avez fait une incroyable improvisation chantée. Dans quelle langue était-ce?
Le “langage” que j’utilise s’est créé à partir des sons très divers. Je les ai cueillis un peu partout dans toutes sortes de musiques folkloriques. Et ils se sont combinés avec des sons que j’ai entendus dans différents dialectes. C’est quelque chose que je fais depuis des années sans vraiment m’y exercer. Je me suis aussi beaucoup inspiré de Sidsel Endresen.
DE 2009 A 2010
2009, ce fut une belle année pour vous. Que retenez-vous?
Beaucoup de choses! L’accueil qu’a reçu Cartography, la tournée dans laquelle j’ai présenté cette musique dans plein de configurations différentes, tout le temps que j’ai passé avec Jan Bang : tout a été fantastique et très inspirant. Avoir été artiste en résidence à Molde reste aussi une expérience inoubliable. Ce fut une année très spéciale, dans ma vie professionnelle, comme dans ma vie privée car je me suis marié en juin et j’ai appris que ma femme attendait des jumeaux! (rires)
Vous avez le sentiment d’avoir atteint un nouveau palier musical?
Des paliers, on peut en franchir de nombreux tous les jours, mais j’ai l’impression que dorénavant je suis plus détendu. L’année dernière, je me suis vraiment rendu compte à quel point nous pouvions être fragiles, à quel point les relations humaines étaient ce qu’il y a plus important… c’est peut-être en comprenant ça que j’ai franchi un nouveau palier…
Sur Cartography, David Sylvian a eu un grand rôle, vous avez écouté son dernier disque?
Manafon? Bien sûr. Je suis fasciné par la manière avec laquelle il mélange ces « free impro soundscapes » avec ses voix et ses textes. La façon qu’il a d’explorer encore et encore depuis des années m’inspire énormément.
Vous allez bientôt entrer en studio pour enregistrer le successeur de Cartography?
En avril, j’espère. Je me suis déjà remis à travailler… on verra bien!
Quelle est votre plus belle découverte de 2009?
J’en ai fait plein! Lors d’un concert à Molde, j’ai joué avec un orchestre de musique traditionnelle de La Nouvelle-Orléans. C’était extraordinaire de sentir l’énergie et l’efficacité qui font la force de cette musique. Le Punkt Festival l’an dernier était aussi un grand cru. Et puis j’ai découvert l’art de Kurt Schwitters lors d’une exposition au Henie Onstad Art Senter d’Oslo. Vraiment très inspirant…
Quels sont vos souhaits musicaux pour 2010?
Continuer d’être capable de rencontre de bons musiciens et continuer à être fier de faire de la musique. J’espère découvrir de nouveaux sons. Et puis être capable de procurer quelques bons moments au public pour qui je joue.



