Criss Cross continue sur sa lancée et vous présente l’autre grosse sensation à venir de cette année 2010. Après l’Andromeda Mega Express Orchestra, voici donc l’Electric Epic de Guillaume Perret. Sortez vos boules quies que vous aviez soigneusement rangées dans la poubelle après le split de Sepultura, voici une déflagration sonore qui ferait passer les feux d’artifice du 14 juillet pour des ridicules pétards de kermesse d’école primaire.
Beaucoup s’inquiétaient de savoir si nous avions enfin retrouvé la précieuse enveloppe de Guillaume Perret malencontreusement égarée au bar de l’Olympia… La réponse est « oui, mais ». Mais le plus important, c’est que nous avons pris en pleine poire ce qui se trouvait à l’intérieur de cette missive. Et le résultat nous a scotché l’arrière-train sur place. L’Electric Epic, c’est une gifle sonore comme on en a rarement connue (la preuve, on en a encore les joues toutes endolories). Electrique et épique, l’Electric Epic, c’est comme le Port-salut, c’est écrit dessus – bref, on a rarement trouvé un nom si adéquat pour définir un projet depuis les Compagnons de la chanson.
Au commencement était Massacra, premier titre d’une maquette qui mérite d’être enrôlée sur le champ par un label digne de ce nom. Et la puissance qui s’en dégage est tout simplement décoiffante. Chevelures sensibles s’abstenir faudrait-il préciser sur la pochette comme on pose Parental Advisory sur une galette de Death Row. On pourrait aussi ajouter « poils sensibles » s’abstenir tant Electric Epic possède une force émotionnelle rare. Dans ce cas, il est toujours facile d’enfiler les références, de John Zorn à David Lynch en passant Mr.Bungle. On pense même aux as des as de l’alliage rage/émotion, j’ai nommé Nirvana. Mais Electric Epic regorge à rabord de clins d’oeil fins et agiles et dépasse de très loin toute mise en cage stylistique: une pointe d’afro-beat, une touche de jazz fusion seventies, etc., etc., etc. Au milieu de tout ça, c’est surtout l’impression de voir naître un groupe, un vrai, un dur, un tatoué, capable de s’adoucir quand il le faut. Aux côtés de Guillaume Perret au saxophone élastique qu’il maquille sous une bardée d’effets détonants? Philippe Bussonnet à la basse, Jim Grandcamp à la guitare et Yoann Serra à la batterie, bref de bons jeunes qui n’en veulent.
En plus pour ne rien gâcher, notre garçon porte un soin tout particulier à l’univers graphique qui enrobe sa musique. Un détail qui nous va droit au coeur. Guillaume Perret, on en reparle la semaine prochaine dans Criss Cross lors d’une rencontre pas piquée des hannetons avec l’autre saxophoniste qui va faire du bruit, Yoann Durant. En attendant, l’Electric Epic sera le jeudi 11 février au Baiser Salé. Dire que c’est une date à ne pas rater serait un pléonasme.


