NEWS lebanon benoit delbecq

Tout auréolé de son Lion d’Or à Venise l’an dernier, Lebanon a débarqué cette semaine sur les écrans hexagonaux. On annonçait un huis clos éprouvant parfois pris dans les mailles de son concept (la caméra de Samuel Maoz reste coincée durant 1h30 dans un tank israélien durant la guerre du Liban en 1982). En fait Lebanon, plus proche du film d’horreur, se révèle être une expérience auditive tressautante marquée par la BO minimaliste de Benoît Delbecq et Nicolas Becker.

Lebanon, c’est sans doute le film d’horreur le plus inattendu de ce début d’année. Enfermés dans un tank-huis clos, quatre soldats israéliens vivent de l’intérieur (c’est le moins que l’on puisse dire)… l’horreur de la guerre. Parce que chaque son semble multiplié par mille (les tirs de canon, le sas d’entrée du tank, les bruits des chenilles, etc.), parce qu’on observe le monde extérieur par le viseur du char comme dans un jeu vidéo, parce que le scénario isole irrémédiablement les quatre héros malgré eux du reste de la troupe, Lebanon utilise sans coup férir les codes du film d’horreur.

Et si l’on craint (au début) avoir affaire à un film gore (très gore), peu à peu le long métrage de Samuel Maoz transpose le combat militaire en une guerre psychologique, au point que la quasi folie des personnages fait immanquablement penser à celle de Marlon Brando/Colonel Kurtz d’Apocalypse Now. Par petites touches, le piano étouffé de Benoît Delbecq vient ici et là apporter, selon les séquences, une touche angoissante ou contemplative discrète mais ô combien précieuse. Un film qui vaut bien plus que son concept publicitaire du « huis clos dans un tank ».

La coopérative sonore de Steve Argüelles, Nicolas Becker et Benoît Delbecq: www.bureau-de-son.org

  • Share/Bookmark

Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un rétrolien depuis votre site.

Laisser un commentaire