Vous êtes perdus devant la profusion de concerts que propose la 27e édition de Banlieues Bleues? Vous êtes surbookés et vous n’avez pas le temps de faire votre choix calmement? Vous vous demandez qui pourrait bien vous filer un coup de main, une épaule sûre sur laquelle se reposer avec une confiance aveugle (mais pas sourde). Plus d’inquiétudes à avoir, Criss Cross est là pour vous donner sept bonnes raisons vidéo de traîner en Seine-Saint-Denis entre les 12 mars et 16 avril prochains.

Vendredi 12 mars. Espace 1789 de Saint-Ouen. Tout commencera avec un concert qu’on ne loupera pour rien au monde (sauf cas d’extrême urgence bien sûr : blessure par balle, règlement de comptes musclé avec notre dealer de zouk ou fermeture soudaine des boîtes de location de limousines…) : le vibrionnant Roy Nathanson dont le « Subway Moon » tourne depuis des mois en boucle sur notre chaîne fifi ouvrira pour Butch Morris, le maître ès « Conduction ». Ce sera la 190e du genre, mais l’expérience est à chaque fois nouvelle, unique, singulière. En voici un petit aperçu avec la très impressionnante 180e…
Vendredi 26 mars. Auditorium du Conservatoire de Stains. L’ébouriffant violoncelliste Didier Petit sera en solo et juste pour ça, le jeu en vaut la chandelle. En plus, en seconde partie de soirée, Mike « le batteur tout-terrain » Reed sera de la partie. Mais on résiste pas à la tentation de vous montrer de quel bois se chauffe Didier Petit. Quand il la joue solo, il ne vaut mieux pas être sur son chemin, mais bien installé dans son fauteuil…
Mardi 30 mars. Salle Pablo Neruda, Bobigny. Double raison de réserver sa petit place au chaud pour cette soirée: d’une part Denis Colin viendra mettre le feu aux poudres avec sa Société des Arpenteurs et les compositions du feu de Dieu de son récent « Subject To Change » et d’autre part, l’un des chanteurs les plus ahurissants de ces dernières années viendra donner sa vision très personnelle d’un poème sombre et moderne avant l’heure de Federic Garcia Lorca, Un Poète à New York. Son nom? Achiary, Benat, et le voici dans un aperçu de ses oeuvres…
Mercredi 31 mars. Théâtre Louis Aragon, Tremblay-en-France. Alors qu’il arrive incessamment sous peu dans Criss Cross après une rencontre épique dont on se souviendra longtemps, Médéric Collignon viendra rejouer sa création autour d’Ennio Morricone avec Maxime Delpierre, Thomas de Pourquery et les autres. Pour vous bouger les fesses, voici l’avant-goût que notre camarade Josselin Carré avait (fort bien) réalisé.
Jeudi 1er avril. Salle Jacques Brel, Gonesse. Cooper Moore, Assif Tahar et Chad Taylor: à eux trois les Digital Primitives sont capables de tout, prêts à tout, ingénieux comme tout. Le premier s’amuse avec toutes sortes d’instruments facétieux mais pointilleux, le second s’éclate avec son saxophone malicieux et le dernier se plaît taquiner sa batterie astucieuse. Bref, du plaisir à l’état pur, extrait:
Samedi 3 avril. Maison du Théâtre et de la Danse, Epinay-sur-Seine. L’Afrique sera à l’honneur pour cette soirée de gala: à notre gauche le Mali de Vieux Farka Touré, fils de son père, mais pas seulement – le garçon a su trouver une voix et une voie singulières; à notre droite, l’Ethiopie de Mulatu Astatké le roi de l’éthio-jazz, la star musicale du Broken Flowers de Jim Jarmusch et le vibraphoniste en chef de The Heliocentrics
Mardi 13 avril. Espace 93 Victor Hugo, Clichy-sous-Bois. A eux deux, ils ont délivré l’un des plus vibrants albums de l’année dernière, « Chamber Music ». Le kora de Ballaké Sissoko et le violoncelle de Vincent Ségal font des merveilles, comme si cela faisait des siècles et des siècles qu’ils jouaient ensemble. Du (très) grand art à savourer en première partie de la nouvelle création mystérieuse mais alléchante de Sandra Nkaké.
Il y aura aussi le maître Jacques Coursil (le 17 mars à Pierrefitte sur Seine) dont on vous reparle très vite, les trublions de Rockingchair (le 24 mars à Tremblay-en-France) dont on vous parle très souvent, les captivants Rétroviseur (le 8 avril à Pantin) avec Yoann Durant et Yann Joussein dont on vous causé également, etc., etc., etc.
Toute la programmation sur le site du festival: www.banlieuesbleues.org
Allez, un petit clin d’oeil à la soirée flamenco de clôture (le 16 avril à Bobigny). D’un côté l’Histoire avec Enrique Morente (que les fans de Sonic Youth connaissent bien), de l’autre l’Avenir du genre avec Miguel Poveda, que les cinéphiles connaissent bien pour l’avoir entendu chez Almodovar ou vu chez Nicolas Klotz.



A propos de Roy Nathanson, je lis « un concert qu’on ne loupera pour rien au monde « . Là je me dis : « chouette, je vais découvrir un super nouveau groupe ! » Et là… super et tremblements… est-ce parce-que je n’ai pas un BAC+8 en musicologie expérimentale que je trouve cela totalement inaccessible et… chiant ? Mince, je pensais que crisscross évitait l’élitisme… cela semble loupé. Le jazz reste donc hors de porté… belle frustration.