LA POCHETTE DU SAMEDI chet baker art pepper

chet baker & art pepper playboysChet Baker – Art Pepper, « Playboys », World Pacific, 1956

Chaque samedi (ou presque), pour le plaisir des yeux

Aujourd’hui, on enfile un bon pull et on bourre sa meilleure pipe, pour se mettre dans l’ambiance de ce nouveau numéro de la pochette du samedi.

« Moi, je construis, des marionnettes, avec de la purée et du jambon » disait à peu de choses près Christophe (Bevilacqua, le chanteur noctambule amateur de Testarossas, pas Martichon, le guignol profanateur atteint du syndrome de La Tourette, qui sévit sur les fréquences moyennes sous le pseudonyme de Maé) dans sa chanson de 1965. Neuf ans avant était enregistré « Playboys », intitulé ensuite « Picture of Heath », soit « Image de bruyère » littéralement traduit dans la langue de Georges Brassens (on vous laisse le soin de l’interprétation et, vanne vaseuse à part, Jimmy Heath a composé et arrangé cinq des sept compositions du disque). Bien que la qualité du graphisme de cet album puisse être contestable, le parti pris visuel est on ne peut plus adéquat. En se laissant un peu aller, on voit vite que cette pochette, au delà d’être un clin d’oeil plus qu’appuyé à la revue polissonne du sieur Hefner, est plus profonde que la mise en abîme d’une boîte de Vache qui rit. Laissons nous aller à une interprétation foireuse : tenez-vous bien… tenez-vous mieux!

Sous des airs de ne pas y toucher (et des airs de Laeticia Hallyday aussi mais on ne s’étendra pas), la playmate peu frileuse enfile littéralement deux marionnettes, avatars des solistes Baker et Pepper. Loin de nous l’idée d’y voir, l’apologie du fist-fucking (pratique de la côte Est, New York, pour être plus précis, consistant à… renseignez vous) mais plutôt l’allégorie de deux hommes aux mœurs éparpillées que les femmes tiennent par le bout… du cœur. Ou comment, sur des notes jazz éclairées par le soleil de la côte Ouest, derrière le derme halé et le sourire coquin d’une fille de magazine, on peut imaginer le récit noir de playboys musiciens en proie aux chagrins d’amour, marionnettes dans un théâtre de guignol où se joue une tragédie immémoriale.

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