EXCLU médéric collignon

Il nous a fait vivre certaines de nos plus belles claques de concert de ces dernières années. Et si Criss Cross est né, c’est un peu à cause de lui. Alors à l’occasion de la sortie de son nouvel opus dopé aux hormones et arrangé au cordeau, on a voulu rencontrer Médo alias Médéric Collignon. Loin de l’image du déjanté impulsif qu’on veut bien souvent nous présenter, on a découvert un musicien réfléchi en quête de sens, un trompettiste bouillonnant d’idées, un ami qui nous veut du bien. Et puis surtout, l’interview s’est peu à peu transformée en discussion à bâtons rompues. On était déjà impressionnés par « Shangri Tunkashi-La » avant de le rencontrer. Après, c’était encore pire.

Puisque l’heure est aux confessions débridées, allons-y tout de go. Quand Criss Cross n’était encore qu’un spermatozoïde en quête d’ovule (traduisez: l’été dernier), la figure de Médéric Collignon fut l’étincelle qui alluma le feu de camp. C’est pour des artistes comme lui que Criss Cross a abordé aux rives de la lumière. Car plus qu’un musicien capable de tout, le garçon dégage un charisme aussi contagieux qu’une bronchite en plein hiver. En l’espace de quelques semaines, il nous a par exemple offert un concert d’anthologie avec Pierrick Pedron et des balances décoiffantes avec Dgiz et Andy Emler.

Il suffit de faire un tour sur Youtube pour se rendre compte que ce garçon sait quasiment tout faire (on ne lui connaît pas de talents de bucheron par exemple, mais passons): scatter avec Stacey Kent sur Stand By Me, festoyer avec Nosfell, jouer la comédie avec Jacques Bonnaffé, danser avec Boris Charmatz, offrir des vidéos culto-buzzissimes comme la toile en raffole ou encore siffler en travaillant avec les gosses:


Bref des exemples comme ça, il y en a des dizaines. Mais l’une des choses les plus importantes pour lui, c’est son Jus de Bocse, son groupe, ses gars, ses musi-sauces: Frank Woeste, Fred Chiffoleau et Philippe Gleizes. Entre leur dernier disque « Porgy and Bess » et celui-ci, le groupe a pris une nouvelle dimension, bien aidé à la fois par la « polémique Telerama » et les nombreux prix glanés au fil des ans. Mais c’est surtout sur scène que le quartette a acquis ses lettres de noblesse et les habitués des shows (dans tous les sens du terme) du quartette ne seront pas surpris par la rage et l’énergie qui se dégagent de « Shangri-Tunkashi-La ». Mais nous ce qui nous a interloqués (en plus des jeux de mots qu’on aurait rêvés de faire dans Criss Cross du genre Nem Um Talvez dédié à la « bière et paix »), c’est la force et la subtilité des arrangements de Médéric, entre cors et cris. Et on a voulu le rencontrer pour comprendre qui se cachait derrière le rigolo qu’on veut bien nous montrer.

Rendez-vous est donc pris dans son fief, le XXe arrondissement de Paris, plus exactement aux Foudres, une sympathique brasserie métro Gambetta où le trompettiste a ses habitudes, « je les connais, je peux crier aussi fort que je veux, c’est pour ça que j’aime y venir » nous dit-il. Immédiatement, la discussion s’engage: Messiaen, Mahler et Miles Davis côtoient anecdotes et calembours à l’image de ce garçon Double Face. Plus de deux heures plus tard, on lui demande d’aller faire quelques photos dans un parc voisin. En route, on rencontre quelques djeuns du quartier qui veulent faire « les mannequins » aussi: dernier souvenir d’une journée pas comme les autres dans la vie de Criss Cross.

L’interview !

Première partie. « Shangri-Tunkashi-La », à cors et à cris.

Seconde partie. Révolutions et anecdotes « En plein dans le Miles »

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