Il va falloir commencer à se poser sérieusement la question, arrêter de chercher le mystère de l’île de Pâques ou des audiences de Joséphine Ange Gardien: pourquoi les disques de batteur sont-il si souvent réussis? Où vont-ils chercher ces mélodies que leurs confrères spécialisés ne trouvent pas? De Art Blakey à Dave Grohl en passant par Brian Blade, les exemples sont légion et on vous épargne les listes inutiles – tout le monde a quelque chose en lui de la batterie, cette volonté de prolonger la nuit. En voici donc un nouveau qui pénètre le club de cette catégorie susnommée: Franck Vaillant – toute confusion avec son cousin Michel est fortuite à part qu’il aime les bolides à plusieurs vitesses, ici Guillaume Orti, Jean-Luc Lehr et Jozef Dumoulin. Et si son « Magnetic Benzine » (Melisse/Abeille Musique) est fascinant c’est pour trois raisons: le batteur ne se contente pas de faire ses gammes rythmiques magicomaliko-stevocolemano-octurniennes aux côtés de trois maîtres du genre, non il y ajoute son grain de sel mélodieux, ce qui offre des bouffées d’oxygène vivifiantes (Sadhana). De plus, il sort de son escarcelle, une chanteuse très impressionnante, Soobin Park, entre traditions asiatiques et expérimentations sans frontières, elle est la poussière dans l’oeil de ce disque, le caillou dans la chaussure (et ceci est un compliment en bons fans de Lars Von Trier que nous sommes). Enfin, sous les « ordres » de Vaillant, Guillaume Orti sonne comme jamais. Et juste pour ça, « Magnetic Benzine » est un disque gonflé qui vaut le déplacement.


