EXCLU jacques coursil

Il sera ce soir à Banlieues Bleues et vient de sortir l’un des plus beaux disques de ce début d’année, « Trails of Tears ». Criss Cross se devait de rencontrer l’un des trompettistes les plus fascinants qui soit. Et bonus track, on a découvert un orateur captivant, l’une des rares personnes au monde capables de nous donner envie de retourner à l’école. C’est tout dire.

Ce disque, c’est peu dire qu’on l’attendait avec impatience. Quand on avait rencontré Jacques Coursil au détour d’une rue parisienne lors du dernier Jazz à La Villette, on l’avait déjà bombardé de questions. Et le trompettiste avait promis de nous en dire plus une fois le disque sorti. Promesse tenue: on retrouve un Jacques Coursil souriant et détendu quelques semaines plus tard à quelques encablures du Panthéon, tout un symbole que de le retrouver place des Grands Hommes comme dit le poète.

Et avec Jacques Coursil, une interview n’est pas vraiment une interview. C’est comme un cours magistral. On reste comme ça pendant plus d’une heure à boire ses paroles, on avait même encore assez soif pour en boire encore plus. Plusieurs semaines plus tard, on se souvient encore des pensées qu’il nous a léguées comme ça, gratos, pour le plaisir de la pensée, lui qui se considère davantage comme un peintre que comme un musicien: « Quand on est peintre et qu’on finit une toile, si on n’en est pas un peu surpris, on peut la ranger derrière les autres. » Lui seul semblait capable de mettre des mots sur ce que nous pensons intimement depuis des mois: « C’est vrai que j’approfondis assez la question du son, mais je ne deviens pas aveugle ou sourd parce que je fais de la musique ». Lui seul est capable de nous mettre devant nos contradictions: « La musique est un système de valeurs sans signe ce n’est pas la peine de vouloir la rendre bavarde. » L’entendre parler avec sagesse en plein « débat » sur l’identité nationale valait tous les « débats » du monde. Alors, en plus du tome 1 et du tome 2 d’une interview aux petites oignons, on a décidé de vous offrir du son. Et pas n’importe quel son, une voix qui vaut de l’or. Pour le reste, procurez-vous « Trails of Tears », le jeu en vaut la chandelle…

La voix du maître


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