
Bleu, bleu, bleu le ciel de Provence chantait le poète. Bleus, bleus, bleus les murs de l’Atelier de Plateau chantait Criss Cross après un demi-panaché coupé au sirop de framboise. Bis, bis, bis, criait le public à la fin du concert d’Alexandra Grimal, la saxophoniste qui monte, qui monte, qui monte, presque aussi vite que Richard Virenque période « à l’insu de son plein gré ».
Alors que Paris se réfugiait dans les bars mardi dernier pour assister à la chute de l’OL face au Bayern de Munich, Criss Cross a eu le nez creux en préférant poser ses savates dans l’Atelier du Plateau, l’une des salles les plus mimi-cracra de Paname. On savait bien qu’il fallait arriver en avance (du moins à l’heure, il ne faut pas trop nous en demander non plus) sous peine d’être recalé à l’entrée ou aspergé par le seau d’eau de voisins à l’humeur vagabonde. Et oui, à l’Atelier du Plateau, on commence tôt, on finit tôt et l’on joue (quasiment) sans sonorisation. Une fois n’est pas coutume, le crew d’Alexandra Grimal (traduisez Jozef Dumoulin et Nelson Veras) avait apporté leur petite sono. Deux amplis et une batterie (Dré Pallemaerts) face à un saxophone solitaire: le combat pouvait sembler trop injuste pour un Calimero. C’était sans compter le souffle ravageur d’Alexandra Grimal, « the next big thing » comme dirait les Anglais. Une bonne grosse heure de concert bien touffue et l’on applaudissait des deux mains (enfin presque, il ne fallait pas faire tomber notre tasse de verveine) la prestation d’un quartette assez fascinant. Et puis bougie sur le gâteau, on en a profité pour célébrer l’anniversaire du géant (dans tous les sens du terme) Jozef Dumoulin avant de taper la discut’ avec Joce Miennel, le flûtiste de l’ONJ qui déborde de projets alléchants à base d’Ennio Morricone et de Chet Baker. Et comme il nous a prêtés vingt centimes pour payer notre ardoise au comptoir, on vous en parle très vite…







