
« Donjon Pour Zozos », c’est une nouvelle piste de réflexion pour notre concours éternel, celui qui consiste à trouver des significations alternatives aux initiales DPZ. Pourtant, les Instants Chavirés où se déroulait hier le premier concert du Montreuil Jazz Pulsations n’ont rien d’un donjon, ni même d’un dojo (quoique). C’est même un lieu chaleureux aux bières au tarif amical où l’on a passé une sacrée soirée avec la crème fouettée du jazz des mangeurs de grenouilles et d’escargots.
Il faut le confesser, surtout si l’on veut avoir une place de choix lors du Jugement Dernier: on était complètement passé à côté, lors de sa sortie, de “Ramblin’”, publié par le duo Michel Benita/Manu Codjia en 2008. C’est mal, certes, mais au moins ça nous a permis de faire une ravissante découverte hier soir en ouverture de DPZ. Un duo contrebasse-guitare chelou enchanteur qui nous a fait du bien aux oreilles, comme un baume protecteur pour haute montagne. Des versions (très) originales de Neil Young, Bob Dylan ou encore Michael Jackson (I Just Can’t Stop Loving You) magnifiées par la guitare nourrie aux hormones de Manu Codjia, le genre de gars à rendre la six-cordes bandante, même pour les traumatisés du gang des S (Santana/Satriani).
Le temps de discuter quelques minutes avec Manu Codjia et d’apprendre que le garçon est sur le point de donner un petit frère à son splendide album éponyme sorti l’an dernier chez Bee Jazz, et DPZ lançait sur les chapeaux de roue son rugissant He’s looking at you, kid mené trombone battant par Daniel Zimmermann. Un morceau qui prend pour titre une réplique de Humphrey Bogart à Lauren Bacall dans Casablanca nous confiait Thomas de Pourquery, un serment à la fois viril et romantique qui sied parfaitement à la musique du quintette. Un concert aux pectoraux bien dessinés, à la silhouette sensuelle dont on ressort des mélodies plein la tête: l’incroyable Nicht Nein My Love et le chant suraigu de Thomas ou le dantesque Rosée Superbe en rappel, sa ligne de basse entêtante et son crescendo digne de Gorecki, l’une des influences avouées du groupe. Bref, un concert qui donne irrémédiablement envie de prendre ses clics et sa claque le 7 juillet prochain à Jazz à Vienne dans le cadre du Jazz Mix…
En fin de concert, on taille la bavette avec Maxime Delpierre et David Aknin par ailleurs membres du luxurieux Limousine qui nous précisent que leur chef-d’oeuvre inconnu est disponible chez Colette. A bon entendeur. Ils nous racontent également que la pochette du disque ornée d’un peigne fait référence au titre de « groupe le mieux coiffé de France » que nous leur avions décerné lors de leur passage à la Dynamo. On rougit et on s’esquive, il est temps d’aller écrire nos mémoires. Postérité, nous voici.










