Infatigable Madlib. Tel un crêpier qui a toujours plusieurs galettes au sarrasin d’avance, l’Américain débarque avec son huitième Medicine Show sous-titré « Advanced Jazz ». Et chantilly sur la crêpe au nutella, la pochette est un petit chef d’oeuvre néo-classique, entre grandiloquence et kitsch: entre rêve, tourbillon et tempête.
Le teaser et son esthétique à la Orange Mécanique laisse deviner un nouveau carnaval de confettis à ramener jusque dans son lit. Mais la vérité, du moins le plus intriguant, est ailleurs. Comme sur son récent « Miles Away », Madlib affirme à nouveau haut et fort sa dette amoureuse envers le jazz. Et comme pochette de ce nouvel effort, il a choisi un un mystérieux tableau du Nostradamus de la peinture, un certain Emanuel Gottlieb Leutze. Le garçon, sympathique Allemand maître de la peinture à l’huile aurait peint en 1851, une sorte de Radeau de la Méduse du jazz annonçant l’arrivée prochaine à New York d’une poignée d’intrépides génies, Miles Davis et John Coltrane en tête (en tout cas debout sur la toile), un siècle avant leur arrivée réelle – ils sont forts ces Allemands. C’est donc ce « Jazzcats crossing the Hudson » (oui la rivière où les pilotes de ligne américains aiment se poser) que Madlib a intronisé comme couverture de la saison huit de ses « Medicine Show ». Et comme le bonhomme a toujours un pion d’avance, Stones Throw, son label, annonce déjà le volume 9 réservé aux fumeurs et aux assoiffés, bref fait pour nous.





