Vingt ans après

Après avoir passé une matinée à pleurer les 218 ans de la dislocation du corps et de la cabosse de Louis XVI, il est temps de célébrer un autre anniversaire, celui d’un festival à la tête et aux idées dures. Sons d’hiver s’ouvre ce soir et souffle par la même occasion ses vingt bougies. L’heure est aux choix, cornéliens comme toujours quand il s’agit de parier sur les moments forts de trois semaines de shows bouillants.

L’immanquable. Le nouveau projet de Steve Coleman avec la flûtiste de Chicago Nicole Mitchell. Baptisé « Lingua Franca » la création s’annonce mystérieuse et ésotérique. Le genre de première à ne pas rater pour pouvoir balancer avec dédain quelques années plus tard dans les cocktails mondains: « j’y étais ». Les gigs du padre du M-Base sont toujours des expériences qui valent le déplacement. Et puis en première partie, le trompettiste Wadada Leo Smith se lancera dans un duo magnétique avec le batteur Günter « Baby » Sommer dont le nom résonne déjà comme un promesse. Mardi 8 février à Vitry sur Seine et retransmis en direct sur Arte Live Web.

La découverte. L’an dernier, Steve Lehman nous avait fait forte impression lors du concert de Michel Edelin à Sons d’hiver. Cette fois-ci le jeune saxophoniste américain débarque avec son Octet où l’on retrouve des fidèles de Steve Coleman comme le trompettiste Jonathan Finlayson ou des sensations du moment comme le batteur Tyshawn Sorey. Un avant-goût du jazz du futur. Un labyrinthe dans lequel il fait bon se perdre. Samedi 22 janvier à Paris (Musée du Quai Branly).

La curiosité. Une soirée hip-hop comme fête de clôture, l’idée est séduisante. D’autant qu’elle permettra de découvrir in vivo un chanteur honteusement méconnu de ce côté de l’Atlantique, Kokayi. Si vous avez l’occasion de vous promener sur les extraits de son splendide « Robots and Dinausors » qui traînent sur YouTube, vous tomberez sous le charme. Arrangements, voix et mélodies de classe internationale sillonnent ce petit bijou hip-hop soul. Une sorte de Jay Z underground? (Soit dit en passant sa chaîne YouTube perso n’est pas dégueu non plus) Samedi 12 février à Créteil.

Le trésor caché. Le Tinissima Quartet de Francesco Bearzatti retrace avec brio le destin mouvementé de la photographe Tina Modotti. Un spectacle son et lumière renversant à faire passer les shows du Puy du Fou pour des kermesses de maternelles. En ouverture, la toujours captivante pianiste Marilyn Crispell se plonge dans l’exercice du solo. Vagues à l’âme en vue. Mardi 25 janvier à Arcueil.

La perle rare. Les « performances » de Matthew Shipp sont comme les soirées de l’ambassadeur (ça dépend duquel me direz-vous): toujours des réussites. Surtout parce qu’on ne sait jamais où il va s’embarquer. Alors quand en plus on apprend que l’Américain se produira en solo, on peut parier que l’inattendu sera sans doute parmi les convives. Un garçon rare de ce côté de l’Atlantique, ce qui donne encore plus de valeur à l’événement. Vendredi 28 janvier à Choisy-le-Roi.

Programmation complète sur www.sonsdhiver.org

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