To the happy few

Dans la pénombre d’un nouveau matin vide, à la lueur de la lune pygmée, scintillent sur nos joues des larmes de joie. Hier soir, tu n’es pas venu(e), mais hier soir nous étions saouls et heureux.

To the happy few: c’est à eux que Stendhal a dédié sa Chartreuse de Parme. Hier soir au New Morning Aka Moon aurait pu faire de même, tant la salle ressemblait moins à une réunion plein air de Mélenchon qu’à l’assemblée d’un meeting de Jacques Cheminade. Et pourtant ces gars ont joué comme d’habitude à 243,7% de leurs possibilités. C’est quand même extraordinaire, comme dirait l’autre, de les voir afficher la même fougue, le même feu sacré, le même sourire jusqu’aux oreilles, devant une comme devant dix mille personnes. Oui, on en convient ça fait un peu solennel et fan-fan de parler ainsi. Mais on vous promet qu’on doit s’arracher les poils du culcul pour ne pas balancer des phrases ivres de dithyrambe au sujet des trois Belges (dont en réalité un est italien, un autre est grec, mais enfin c’est une autre histoire). On doit vraiment chercher au plus profond de nos parts obscurs pour garder une contenance et ne pas avouer tout le bien qu’on a pensé de ce concert – trop de bonté, c’est toujours louche et on ne se voit pas donner un sentiment de fausse sincérité. Non, vous aurez beau nous pousser dans nos retranchements et nous faire des guiliguilis sous les pieds, on a trop de fierté pour dire qu’on avait les joues bien humides sur certains morceaux. Ah, non, on ne dira pas comme de vulgaires fans transis par l’émotion qu’on a vécu deux heures de beauté pure et que tous ceux qui n’étaient pas là s’en mordront les doigts sur trois générations (d’ailleurs au lieu de toujours parler de ceux qui n’étaient pas là, on pourrait peut-être un jour parler de ceux qui y étaient et applaudissaient comme s’ils étaient mille). Non, tout ça on ne le dira pas, on le garde pour nous. Et puis, on ne multipliera pas de pathétiques formules qui, même si elles sont franches, donnent toujours l’impression d’être aussi toc qu’un sourire de Marine Le Pen. Donc, non, on ne dira pas qu’on a juste envie de crier à Fabrizio Cassol, Michel Hatzigeorgiou et Stéphane Galland « merci ». Non, on ne le dira vraiment pas, ce serait trop mielleux. Et puis ça écornerait notre image de bad boys sans foi ni loi. Alors faites comme si on n’avait rien dit et continuez de louper les concerts d’Aka Moon, ça nous fait plus de place pour danser dans nos têtes.

Cliquez sur les images pour agrandir la taille de votre pénis les voir en plus grand… bisous bisous.

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2 réponses à “To the happy few”

  1. Jazzques dit :

    Parisiens !!!! Où étiez-vous ??? AKA MOON !!! Un must! Merci Criss Cross !

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