‘Galettes’

Grosse carrosserie

3 mai 2010

Une fois n’est pas coutume, Criss Cross craque pour un disque qu’il est quasiment le seul à posséder. Dommage car voyager en Limousine, ça fait voir du pays, ça fait rêver, ça fait tripper. Chronique d’un chef-d’oeuvre inconnu. (Lire la suite…)

Le Frix c’est chic

27 avril 2010

Après le Portico Quartet, l’autre sensation du moment, c’est Frix. Quartette frenchy aux moyens bien plus modestes que leurs confrères d’outre-Manche, leur « The Show Was Not Good » (Clapson/Petit Label) donne envie de courir nu dans les rues avec un mégaphone à chanter: « le Frix c’est chic! » (Lire la suite…)

La révolution frappe au portique

22 avril 2010

Attention produit inflammable. Le Portico Quartet, vous allez en bouffer par tous les orifices. Alors on préfère vous prévenir avant les autres afin de pouvoir vous la jouer en soirée. « Le Portico Quartet ? » « Pff… ça fait déjà des semaines que je connais, ça déchire! » Tremblez dans vos shortys XS Messieurs Mehldau, Metheny et Marsalis (le gang des 3M comme on l’appelle dans les bas-fonds de Châteauroux): le Portico Quartet, c’est d’ores et déjà le groupe de l’année. (Lire la suite…)

CHAMBRE D’ECOUTE johnny cash

8 avril 2010

Si la place n’était pas déjà occupée par George Abitbol, on introniserait directos Johnny Cash « homme le plus classe du monde ». Non, pas pour son style vestimentaire à la Thierry Ardisson (sacré Thierry), mais l’impression qu’il dégage à l’écoute. A l’écoute de Redemption Day chanté et composé par Sheryl Crow on se dit « pff, trop naze ». A l’écoute du même Redemption Day interprété par Johnny Cash et produit par Rick Rubin on se dit « putain, quelle classe ». Et oui, tout Johnny Cash tient là dedans, il réussit à rendre profonde comme une crevasse de l’Arkansas une rengaine de Sheryl Crow. Et on a presque envie de dire que ces sixièmes et dernières mémoires d’outre-tombe du cow boy country sont ses meilleures – mais on avait déjà dit ça du premier tome, et du second, et du troisième, etc. (Lire la suite…)

CHAMBRE D’ECOUTE ilhan ersahin erik truffaz

30 mars 2010

Une rue sombre, quelques rayons de lumière, une silhouette au loin. Non, ce n’est pas Châteauroux aux heures de pointe, mais la pochette du nouvel effort du saxophoniste Ilhan Ersahin. A éplucher ce cliché en fins analystes esthétiques que nous sommes (Bac pro jaquettes films de charme faut-il le rappeler), on ne sait pas trop à quoi s’attendre – sauf d’avoir bien révisé ses classiques et de connaître le parcours du Turc installé à New York sur le bout des doigts. Léger rappel des faits avant l’interro de fin de chronique. Ersahin, c’est le fondateur d’un des clubs les plus chébran (quoi, ça ne se dit plus? on nous aurait donc menti?) de Big Apple. Baptisé Nublu, du nom de son orchestre protéiforme, le lieu se veut terre d’accueil de toutes les musiques les plus actuellement actuelles à l’heure actuelle. Pas étonnant donc de retrouver ce melting-pot (Lire la suite…)

CHAMBRE D’ECOUTE franck vaillant

18 mars 2010

Il va falloir commencer à se poser sérieusement la question, arrêter de chercher le mystère de l’île de Pâques ou des audiences de Joséphine Ange Gardien: pourquoi les disques de batteur sont-il si souvent réussis? Où vont-ils chercher ces mélodies que leurs confrères spécialisés ne trouvent pas? De Art Blakey à Dave Grohl en passant par Brian Blade, les exemples sont légion et on vous épargne les listes inutiles – tout le monde a quelque chose en lui de la batterie, cette volonté de prolonger la nuit. En voici donc un nouveau qui pénètre le club de cette catégorie susnommée: Franck Vaillant – toute confusion avec son cousin Michel est fortuite à part qu’il aime les bolides à plusieurs vitesses, ici Guillaume Orti, Jean-Luc Lehr et Jozef Dumoulin. Et si son « Magnetic Benzine » (Melisse/Abeille Musique) est fascinant c’est pour trois raisons (Lire la suite…)

CHAMBRE D’ECOUTE bulu-fulassi

15 mars 2010

Bulu-Fulassi, ou quand les mots-sons frisent l’émotion. On pourrait jacqueter des lignes et des lignes sur les richesses de cette boule à facettes peu commune qu’ont bâtie André Ze Jam Afane, Daniel Erdmann et Francis Le Bras. Pour être francs, avant même d’écouter « Les Parlophones » (Vents d’Est), l’a priori était on ne peut plus positif tant on avait été impressionnés par les deux tomes des « Contes de Rose Manivelle » de Vincent Courtois où Ze Jam Afane avait laissé éclater son talent comme un ballon de baudruche qui ne tue pas mais rend plus fort. Seule la redite pouvait être à craindre. Mais que nenni, en trio, les mots de Ze Jam Afane ressortent avec encore plus d’éclat. Il serait trompeur de le ranger dans la case « slammeur ». Ze Jam est bien plus polymorphe que ça, c’est un conteur à la musicalité inouïe. (Lire la suite…)

CHAMBRE D’ECOUTE issam krimi

10 mars 2010

Avec ce Piano Solo (Bee Jazz/Abeille Musique), Issam Krimi réussit avec Barbara ce que Joann Sfar a échoué avec Gainsbourg. Loin de chercher à faire un biopic musical de la Dame brune, le garçon se fait son film à partir d’une poignée de chansons phares de la chanteuse disparue en 97. Résultat: Vienne, Ma plus belle histoire d’amour ou Dis, quand reviendras-tu ne baignent pas dans le formol mais dans l’elixir de jouvence. Comment jouer Barbara dans une époque post-Barbara marquée par l’avènement de Radiohead et de l’art de la reprise édicté par Brad Mehldau? Tel semble être le souci d’Issam Krimi. Et notre pianiste y parvient avec brio, singularité et un certain panache. Piano Solo fonctionne comme un film: des gros plans sur certaines mélodies, des flashbacks, des ellipses, des ralentis, des montages serrés, (Lire la suite…)

CHAMBRE D’ECOUTE christian scott

23 février 2010

Il faut l’avouer, le confesser en se flagellant avec les roses désséchées qu’on s’est nous-mêmes offertes pour la Saint-Valentin: jusqu’à aujourd’hui, on n’y croyait que (très) modérément à Christian Scott. Ce côté bête de foire surdouée qui lui collait à la peau sur son premier fait d’armes « Anthem », très peu pour nous, merci. Mais le temps, qui fait bien son boulot, a eu raison de nos réticences. Pour son second album studio, le trompettiste oublie son côté pompier flambeur pour préférer le versant ouvrier besogneux. Sur « Yesterday You Said Tomorrow » (Concord/Universal), le Néo-Orléanais ne cherche plus à impressionner les Muses avec ses pectoraux fort bien dessinés ma foi, il cherche juste à les taquiner avec malice. Finis les gros effets, Christian Scott renoue enfin avec un certain minimalisme qui lui réussit beaucoup mieux. (Lire la suite…)

CHAMBRE D’ECOUTE gil scott-heron

8 février 2010

Les doyens font de la résistance. Outre Jacques Coursil dont le « Trail of Tears » fait les beaux jours de la platine Criss Cross et dont on vous reparle très vite, Gil Scott-Heron sort des placards l’autre chef-d’oeuvre de ce début d’année. Chez le Monsieur, tout fait sens et « I’m New Here » (XL Recordings/Beggars) est bien plus qu’un simple album: c’est un histoire palpitante, une autobiographie musicale, un manifeste des temps modernes, un témoignage implacable de notre époque. Le diable se cache dans les détails. Gil Scott-Heron, qui chante Me And The Devil, le sait mieux que quiconque, lui qui soigne cet album de retour dans ses moindres recoins: de courtes interludes quasiment parlées entrecoupent des morceaux en bonne et due forme dont aucun ne s’étend inutilement (Lire la suite…)

CHAMBRE D’ECOUTE stan getz kenny barron

3 février 2010

CD_GETZ_BARONTout a été dit des conditions douloureuses dans lesquelles se sont déroulées ces concerts au Café Montmartre (qui, comme son nom ne l’indique pas, se trouve à… Copenhague) et l’Académie du Jazz vient de sacrer ce coffret « People Time » (Emarcy/Universal) meilleure réédition de l’année passée. Pour quelques instants, Stan Getz se joue de ce satané cancer qui aura malheureusement sa peau quelques semaines plus tard. Pour quatre concerts et sept sets d’une semaine de mars 91, le saxophoniste fait (quasiment) comme si de rien n’était. Il y aurait matière à méditer sur tous ces artistes qui, malgré la maladie, parviennent à se transcender une fois les doigts de pied posés sur une scène, qu’elle soit de théâtre, de musique ou de pacotille. De mémoire de Criss Cross, on se souvient encore d’un Joe Zawinul (Lire la suite…)

CHAMBRE D’ECOUTE robert sadin

1 février 2010

CD_SADINDans la série « la fortune sourit aux audacieux » et après le premier épisode écrit par Pat Metheny, voici le « Art of Love » (Deutsche Grammophon/Universal) de Robert Sadin. Ce nom ne vous dit sans doute pas grand chose, le genre à recevoir des faux appels pour la boucherie Sanzot. Pourtant le Monsieur a produit le splendide « Alegria » de Wayne Shorter ou l’album de Sting inspiré d’Italo Calvino « If on a Winter’s Night ». Amateur de défis musicaux, Robert Sadin s’est mis en tête de colorier (musicalement parlant) les poèmes de Guillaume de Machaut. Non, ce n’est pas la tête de liste UMP pour les régionales en Normandie, mais un poète français du XIVe siècle. Et sur le modèle du captivant « Lambarena » où Nana Vasconcelos habillait Bach sous de costards africains, Robert Sadin se moque des frontières (Lire la suite…)